Quelques définitions

La monnaie fiduciaire, c’est la monnaie sonnante et trébuchante, soit les réserves de billets et de pièces, dont la valeur repose uniquement sur la confiance qu’on leur attribue.

La monnaie scripturale correspond aux sommes déposées sur les comptes bancaires. Elle circule par le biais de moyens de paiement scripturaux, soit de manière totalement digitalisée (virements, prélèvements, cartes) soit par chèque. Lorsque vous retirez de l’argent à un distributeur automatique, la monnaie scripturale devient monnaie fiduciaire.

La masse monétaire, elle, est le total de tous les actifs monétaires en circulation dans une économie, à tout moment. Elle est composée d’agrégats (M1, M2 et M3) qui indiquent le niveau de liquidité des agents économiques.

Impression de billets de 100 euros

Qui crée la monnaie ?

La monnaie est commandée par les banques centrales et produite par des imprimeries de billets d’État ou privées.

Les réserves de billets et de pièces, ou bien ce qu’on appelle la monnaie fiduciaire, dépendent réellement du système de l’offre et de la demande. Si les banques commerciales ont besoin de monnaie liquide pour leurs opérations et leurs distributeurs de billets, elles la commandent tout simplement auprès des banques centrales sur la valeur de leurs comptes de réserve. Il est important de se souvenir que la monnaie n’a aucune valeur propre ou intrinsèque, au-delà du papier sur lequel elle est imprimée – donc il importe peu que le compte de réserve d’une banque ne soit qu’un numéro sur un écran d’ordinateur ou sous forme de tokens, car cela représente quand même un actif de la banque. Seule la confiance qu’on lui attribue représente sa valeur.

La masse monétaire, quant à elle, est toute autre chose. Les gouvernements et les banques centrales peuvent contrôler la masse monétaire par le biais de taux d’intérêts plus ou moins bas. Des taux d’intérêts bas encouragent la création de crédit, soit de monnaie scripturale, et de facto, intensifient la masse monétaire, alors que des taux d’intérêts hauts découragent le crédit de création et réduisent la masse monétaire.

Pour terminer, il est nécessaire de bien comprendre que seul 7% de la masse monétaire euro est composé de billets en circulation, soit de monnaie fiduciaire. Ainsi, 90% des transactions se font aujourd’hui en monnaie scripturale, de manière totalement virtualisée. Le risque, c’est que si un bank run doit se produire, vous rencontrerez très probablement des difficultés à retirer de la monnaie fiduciaire (liquide) avec votre carte bancaire, et donc ne pas avoir accès à l’argent sur votre compte.

L’effet « planche à billet » : comment les banques créent de la monnaie ?

Au cas où vous ne le sauriez pas, la création monétaire provient de l’octroi de crédit. Donc, de la dette. Ce procédé qui consiste à engendrer de la monnaie à partir de la dette, c’est ce que l’on appelle la création monétaire ex-nihilo. 90% de la monnaie émise par les banques ne sont que des reconnaissances de dette.

L’on croit souvent que les dépôts des clients servent à financer les crédits ; et si ce fut le cas pendant un temps, ce n’est plus tout à fait la norme à l’heure actuelle. Les banques créent à la fois la monnaie prêtée et la monnaie déposée : c’est ce qu’on appelle de la comptabilité en partie double. Si la banque inscrit un actif à son bilan (un prêt), elle est obligée en contrepartie d’y inscrire un passif (un dépôt). De fait, ce n’est pas le dépôt qui donne naissance au crédit, mais bien l’inverse. Et même si, une fois remboursé, l’argent créé initialement est annulé, les intérêts, eux, restent dans le système. Comme disait l’économiste Joseph Schumpeter : “Il est bien plus réaliste de dire que les banques ‘créent’ du crédit, c’est-à-dire qu’elle créent un dépôt dans l’acte de prêter, plutôt que d’avancer qu’elles prêtent les dépôts qui leur ont été confiés”.

Et dans le cas où le prêt ne peut être entièrement acquitté par le prêteur, la banque se rembourse elle-même : soit en s’appropriant les biens que le prêt a servi à acheter, soit en faisant jouer l’assurance que le prêteur a lui-même payée, en sus des intérêts.

Par le biais de ces crédits, elles créent des dépôts, qui eux-mêmes créent à nouveau du crédit par les fonds propres de la banque. Pour illustrer ce concept, pensez à un serpent qui se mord la queue, ou au paradoxe de l’oeuf et de la poule…

En somme, du néant, elle crée de la dette.

La création monétaire ex-nihilo est une anomalie

Pendant des millénaires, la monnaie servait uniquement de moyen d’échange et de communication. C’est la sédentarisation et l’étatisation de notre monnaie, devenue monnaie fiat (du Latin “qu’il en soit ainsi”), qui nous ont éloignés de celle-ci.

Toutes les monnaies fiat sont sujettes aux manipulations d’une portion d’individus éminents : leurs cours baissent, montent, grimpent, éclatent… Et lorsqu’une nouvelle technologie financière révolutionnaire apparaît, on veut lui coller les mêmes attributs compromis.

Notre monnaie ne devrait pas être un instrument de spéculation. Notre système financier ne devrait pas être un pari.

“Pour montrer les impacts [des intérêts composés] sur la monnaie sur le long terme, l’on peut utiliser le célèbre exemple du centime de Joseph, investi en l’an 0 à 5% de taux d’intérêts. En 2000, ce centime vaudrait l’équivalent de 500 milliards de boules d’or pesant le poids de la terre, au prix de l’or cette année. Sans les intérêts composés, cette somme équivaudrait 1,01€.”

Margrit Kennedy, à propos des intérêts composés.

Une monnaie centrale qui ne correspond pas à ses utilisateurs

C’est un fait, notre monnaie centrale, l’euro, montre des signes de faiblesses. Si les promesses du début des années 2000 étaient belles (prêts aux taux d’intérêts bas, commerce simplifié, etc.), la réalité aujourd’hui est moins séduisante.

Quand certains pays comme la Lettonie voient leur population migrer et diminuer de presque 15%, d’autres, comme la Grèce, finissent surendettés. Autrefois, la solution aurait été de dévaluer leur monnaie pour que l’inflation ronge la dette, mais dans le cas de la zone euro, alors qu’une seule et même devise est utilisée par 19 pays différents, le procédé se complique.

Depuis l’euro, les pays plus fragiles suffoquent sous une montagne de dettes, entraînant, inévitablement, les économies qui servent de support : et ce château de cartes est voué à s’écrouler.

Comment faire face à cette situation ? Deux solutions semblent s’imposer :

  • Soit tous les pays de la zone Euro se mettent d’accord pour n’en former plus qu’un, devenant ainsi les États-Unis d’Europe ; ce qui est peu probable.
  • Soit chaque pays reprend son indépendance financière et adopte une devise nationale propre à chacun ; ce qui risque de coûter très cher.

Et si la solution était autre que ces deux propositions ? Et si elle ne venait pas de nos gouvernements et de nos banques, qui ont prouvé à maintes reprises être à des années-lumière de comprendre la réalité financière de leurs peuples ? Et si ledit peuple pouvait trouver sa propre alternative ?

Comment limiter la création monétaire ?

Avec l’avènement des crypto-devises et monnaies open-source, il apparaît évident que ces alternatives-là puissent contrer ce phénomène. Ne laissons pas, encore une fois, les 1% de la population décider de ce qui doit advenir de ces nouveaux instruments d’échange.

  • 38% des Français interrogés pensent que l’or pourrait être une meilleure monnaie que l’euro, à condition que :
    1. Il assure une sécurité de l’épargne en cas de crise (63%)
    2. Il respecte l’environnement (60%),
  • 56% des Français interrogés pensent que l’euro est une monnaie qui favorise la spéculation financière,
  • 74% des Français interrogés qui considèrent que les crypto monnaies sont meilleures que l’euro seraient intéressés par une monnaie adossée à l’or en complément de l’euro,
  • 71% des Français interrogés qui considèrent que les crypto monnaies sont meilleures que l’euro pensent que l’or ferait une meilleure monnaie que l’euro face au Bitcoin.

Comme le prouve le sondage mené par OpinionWay pour VeraCash, l’euro est perçu comme une monnaie favorisant la spéculation financière, et plus d’un tiers des Français estiment que l’or pourrait être une meilleure monnaie que l’euro (38% des personnes interrogées). Le métal précieux représente, ainsi, un réel symbole de sécurité.

Toutefois, pour être attractive et utilisable au quotidien, une nouvelle monnaie basée sur l’or devrait répondre aux faiblesses des monnaies classiques, comme le respect de l’environnement, tout en permettant aux Français de conserver leurs habitudes de paiement (paiements dématérialisés, notamment). C’est le combat de VeraCash, qui s’emploie à proposer une monnaie positive à l’image de ses utilisateurs et porteuse de valeurs fortes.