Voilà dix ans que les banques centrales du monde entier, à commencer par la Banque centrale européenne, sont confrontées à de multiples crises grandes ou petites qui semblent annoncer la fin du modèle financier bien rodé sur lequel elles s’étaient appuyées depuis une cinquantaine d’années maintenant.

L'or : un moyen de traverser la crise sans encombre

Dès 2008, tout le monde a bien compris que les garde-fous classiques n’allaient servir à rien, sinon à amplifier la crise. Il a fallu alors innover et mettre en place ce qu’on allait appeler pudiquement des politiques monétaires « non conventionnelles ». Et par non conventionnelles, il fallait entendre à la fois inédites et complètement contre-intuitives car non seulement elles sortaient du cadre normal des attributions des banques centrales (comme ce fut le cas notamment avec la BCE) mais ces mesures semblaient également aller à l’encontre de leur rôle stabilisateur.

Ainsi, en baissant brutalement ses taux directeurs pour finalement atteindre 0% en mars 2016, il y a tout juste deux ans, la BCE a simplement fait croire aux États et aux banques que leur dette s’était allégée, tout en abandonnant du même coup le seul instrument réellement efficace en cas d’inflation. De la même façon, la BCE a réussi le tour de force d’augmenter la taille de son bilan de presque 50% en quatre petits mois à peine, juste en créant davantage de monnaie contre des créances sur les banques elles-mêmes au bord du gouffre.

Un montage risqué dont la survie dépend toujours aujourd’hui de la confiance qu’on lui accorde. Mais trop de monnaie tue la monnaie, et avec des taux d’intérêt toujours aussi faméliques, même s’ils sont légèrement remontés aujourd’hui, il devient compliqué de proposer des rendements suffisants autrement qu’en jouant d’artifices qui finiront un jour ou l’autre par révéler leur vacuité.

Dans ce contexte, l’or a brusquement retrouvé sa raison d’être, son rôle premier d’actif refuge. D’autant que face à des taux d’intérêt nuls, voire négatifs, sur les placements traditionnels, l’or devient particulièrement compétitif.

Certes, les politiques monétaires non conventionnelles ont sans doute évité l’implosion de l’union monétaire européenne et favorisé une sortie de crise (même si c’est par le bas). Mais le jour où les taux remonteront vraiment, alors les États verront le coût de leur dette remonter brutalement lui aussi. Et il leur faudra bien trouver de l’argent quelque part. Certains pays, dont la France, ont déjà prévu de piocher dans l’épargne privée bancarisée si le besoin s’en faisait sentir.

À cet égard, l’or constitue là encore une sécurité indispensable pour tous ceux qui veulent préserver la valeur de leur capital et éviter une spoliation éventuelle, que ce soit par l’impôt, ou la « réquisition » prévue par l’ordonnance européenne du 1er janvier 2016 afin de sauver les banques des pays de l’Union.



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