Pollution au mercure, orpaillage illégal et déforestation dans la forêt primaire d’Amazonie en Guyane ou encore travail illégal des enfants dans les mines. Ce sont des sujets épineux sur lesquels peu d’acteurs du marché de l’or s’aventurent. Mais c’est un problème de société sur lequel VeraCash s’engage à être transparent. Alors l’or est-il forcément « sale » ou peut-il être propre et éthique ? Réponse dans ce dossier.

 

1. Mieux comprendre l’extraction de l’or et ses conséquences

La ruée vers l’or, symbole de l’impact environnemental et sociétal ?

L’or occupe une grande place dans l’histoire de notre civilisation, et pas seulement pour celle qu’il a prise en tant que monnaie. La ruée vers l’or à partir de 1849 aux Etats-Unis est un excellent exemple de l’impact que peut avoir l’extraction du métal précieux sur les territoires et sur l’environnement. La “conquête de l’Ouest”, boostée par les découvertes de filons, provoque ainsi des effets humains et environnementaux majeurs : les guerres indiennes, la disparition des grands troupeaux de bisons, accidents dans les mines mutilent chaque année 1 mineur sur 30 et en tuent 1 sur 80, les taux les plus élevés de toute l’industrie américaine à l’époque.

Comment l’or est-il extrait ?

 

Des méthodes d’extraction de l’or en constante évolution

« Les méthodes d’extraction et de traitement des minerais n’ont cessé d’évoluer, mobilisant pour ce faire toutes les ressources de la recherche et développement », estime Philippe Matheus dans son ouvrage Les techniques et conditions d’exploitation des mines aurifères. Cela a été le cas lors de la ruée vers l’or américaine : le métal précieux a été extrait dans des volumes jamais atteints sur une si courte période. On estime ainsi que quelques 11 millions d’onces d’or (340 tonnes) ont été extraites par des mineurs jusque dans le milieu des années 1880 en Californie. En Californie, puis en Alaska à partir de 1870, les techniques utilisées pour extraire l’or évoluent, avec l’utilisation d’arsenic et de mercure.

Quelles sont les techniques utilisées pour extraire l’or ?

 

  • La gravitation, ou concentration gravitaire : c’est la méthode la plus anciennement pratiquée, où on sépare en plusieurs étapes les minerais et les paillettes ou les pépites d’or.
  • La lixiviation, qui consiste à extraire l’or en utilisant un solvant. Par exemple le mercure utilisé pour amalgamer le métal précieux : cette technique est utilisée notamment par les exploitations artisanales ou par les orpailleurs illégaux en Guyane, avec des conséquences très néfastes pour l’environnement.
  • La cyanuration : il s’agit de la technique la plus souvent utilisée en extraction aurifère, et elle est très réglementée en raison de son impact environnemental. Sous l’action du cyanure et d’autres éléments (poussière de zinc ou charbon actif), l’or se condense.

L’extraction peut se pratiquer dans des mines souterraines, ou dans des mines à ciel ouvert (« open pit »).

2. Extraction de l’or : quelles conséquences pour l’homme et l’environnement ?

Orpaillage illégal, composants chimiques, accidents… Un impact majeur sur l’environnement

La déforestation et le rejet de composants chimiques nocifs participent à la détérioration de l’écosystème et de l’environnement. C’est le cas même lorsque les industries aurifères respectent la réglementation, notamment parce que celle-ci n’est pas assez restrictive. Le Canada, par exemple, est l’un des mauvais élèves de l’extraction aurifère, avec des mines d’or où l’arsenic a été largement utilisé et continue de polluer les sols. Un autre projet vient d’être reporté en Nouvelle-Écosse, en raison de « l’incertitude qui entoure l’approvisionnement en eau », rapporte Ici Canada dans un article du 15 janvier 2021.Précisons tout de même que les mines aurifères ne sont pas les seules concernées, puisque certaines des grandes catastrophes environnementales sont liées à l’extraction d’autres minerais. Les conséquences peuvent aussi être désastreuses lorsque les bassins de rétention des eaux contaminées cèdent, comme en Roumanie en janvier 2000 ou au Brésil en 2015 et en 2019.  Ainsi, la rupture d’un barrage en janvier 2019 au Brésil a provoqué un tsunami de boue toxique (minerai de fer), qui a inondé la région du Minas Gerais, causé plusieurs morts et provoqué une catastrophe écologique.

Bassin de rejets d’une mine d’aluminium à Barcarena au Brésil. Photo : Pedrosa Neto

 

Montagne d’or, orpaillage illégal : la controverse autour de l’or en Guyane

En Guyane, le projet de la Montagne d’or – en plein cœur de la forêt primaire d’Amazonie – devait lui aussi utiliser la technique du bassin de rétention. Ce projet prévoyait l’exploitation de la plus grande mine à ciel ouvert française à partir de 2022. Il ne verra finalement pas le jour. En effet, en mai 2019 l’exécutif a jugé le projet de mine Montagne d’or incompatible avec les exigences environnementales de la France*. C’est un exemple de la controverse qui naît lorsque les engagements d’une extraction propre et respectueuse de l’environnement ne sont pas suffisants. Selon le WWF, le projet aurait nécessité 57 000 tonnes d’explosifs et 46 500 tonnes de cyanure pour extraire les 85 potentielles tonnes d’or du site. De plus, tout projet industriel doit prévoir aujourd’hui la remise “en l’état” du site. On imagine bien que c’est, par définition, impossible pour une forêt primaire.

Reste que le rejet du projet de Montagne d’or ne règle pas le problème de l’orpaillage illégal dans ce territoire français qui partage une frontière avec le Suriname. La Gendarmerie estime à 10 000 les orpailleurs clandestins sur 500 sites. Pour séparer les paillettes d’or de la boue, les orpailleurs utilisent du mercure dont une partie se répand dans la nature. C’est la principale cause de pollution au mercure de cette partie du monde, comme le montre une étude d’enseignants chercheurs en géographie de l’Université des Antilles et de la Guyane. Cet or illégal se retrouve ensuite dans les bijoux dans les bijouteries locales.

*Un nouveau projet censé remplacer la Montagne d’or et baptisé “Espérance” a vu le jour.

L’extraction de l’or est également au cœur de scandales sociaux

L’utilisation de composants chimiques a aussi un impact sur les travailleurs comme sur les populations locales. Les premiers parce qu’ils sont au contact de produits toxiques, les deuxièmes en raison de la pollution de leurs ressources naturelles. Ainsi, des villages d’Afrique situés autour de petites exploitations minières artisanales sont directement touchés : la culture et la pêche ne peuvent plus être pratiqués.

Au-delà de la pollution, ce sont les conditions de travail qui posent un réel problème : travail des enfants, structures non sécurisées, bas salaires…. Et cela, même dans l’industrie. En Afrique du Sud par exemple, les syndicats de mineurs se sont largement mobilisés entre 2012 et 2013 pour obtenir de meilleures conditions de travail. Le pays est l’un des plus importants producteurs d’or, avec 3,17 millions d’onces extraites en 2019 (source Ecofin).Enfin, comme les diamants de sang, l’or a aussi financé des conflits locaux et des guerres civiles, notamment dans les pays d’Afrique, avec les conséquences humaines que cela implique.

3. Comment l’extraction aurifère et le recyclage peuvent soutenir un or propre
et éthique ?

Des labels pour un or propre : Fairmined, Fairtrade

De l’or éthique et recyclé, respectueux de l’homme et de l’environnement ? C’est possible. Il existe d’ailleurs plusieurs labels, comme Fairmined ou Fairtrade, et de nouveaux acteurs qui s’engagent pour un or propre, comme l’organisation Responsible Jewellery Council. Elle a pour but de promouvoir des pratiques éthiques, sociales et environnementales responsables d’un bout à l’autre de la chaîne d’approvisionnement. La convention de Minamata, signée en 2013, encadre plus fermement l’utilisation du mercure pour l’extraction aurifère.

Les labels garantissent une traçabilité de l’or, avec des conditions d’extraction qui limitent voire suppriment l’utilisation de produits chimiques nocifs. Il s’agit aussi de respecter le droit du travail au sein des exploitations, et de garantir des salaires dignes, même au sein des petites exploitations artisanales.

 

VeraCash fait confiance à la LBMA

La certification LBMA (London Bullion Market Association) permet d’identifier un approvisionnement responsable en or : le responsible sourcing. Celui-ci se base d’ailleurs sur le guide de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque. C’est la solution choisie par VeraCash (et le Groupe AuCOFFRE) dans le choix de ses affineurs d’or pour la fabrication de ses Vera Valor.

Ce programme d’audit des adhérents à la LBMA a pour but de :

  • Privilégier un or respectueux des droits de l’homme,
  • Un or dont la traçabilité est assurée “from Mine to Mint”, c’est à dire de la mine à la frappe,
  • Et un or qui n’est pas issu des conflits ou des trafics (le “blood gold”).

Des engagements forts, pour utiliser l’or dans le cadre d’une filière minière raisonnée !

Illustration : Responsible Sourcing Report 2020, LBMA.

Le recyclage, une autre façon de garantir un or propre

L’or est une ressource qui s’épuise, et dont les stocks sont limités. Les techniques qui sont actuellement mises à profit pour extraire le métal précieux le montrent : il faut chercher de plus en plus profondément, dans des conditions qui peuvent avoir encore plus d’impact sur l’environnement. Depuis les premières mines d’or de l’Antiquité, on estime que 173 000 tonnes de métal précieux ont déjà été extraites par l’homme. D’autres estimations avancent le chiffre de 51 000 tonnes restant à extraire.

Le recyclage est une solution évidente lorsque l’on cherche à réduire son impact environnemental. Cela permet de donner une nouvelle vie aux métaux précieux utilisés dans les composants électroniques : des ordinateurs ou des smartphones par exemple, ou aux objets précieux, aux créations qui sont passées de mode en bijouterie ou aux pièces d’or abîmées ou démonétisées. Ainsi, on évite la pollution liée à l’extraction de l’or, puisque celui-ci a déjà été produit. Mais il faut quand même s’assurer que cet or recyclé respecte des conditions strictes de traçabilité et d’éthique.

Le recyclage est une solution privilégiée par les affineurs qui fournissent l’or à VeraCash et sa maison mère : plus de 80% de l’or des Vera Valor provient du recyclage. 

4. Vers un or propre : adopter une consommation plus responsable

La bijouterie éthique : un mouvement sociétal fort !

L’or et les diamants présents dans les bagues, colliers, boucles d’oreilles doivent aujourd’hui avoir une origine « propre », respectueuse de l’environnement mais aussi des personnes. La bijouterie, la joaillerie doivent absolument montrer qu’elles sont responsables. Le label Fairmined est indispensable.

Des bonnes pratiques en faveur d’un or plus durable

La consommation responsable passe aussi… par un or responsable. Chez VeraCash, l’engagement en faveur de l’extraction minière raisonnée et du recyclage n’est pas nouveau : il fait partie des valeurs portées par VeraCash et plus largement des valeurs qui animent l’ensemble du groupe. Ainsi, la grande majorité de l’or conservé dans les coffres est issu de filières responsables, ou d’un processus de recyclage certifié.

L’achat d’or responsable passe aussi par les habitudes de chacun : personne ne souhaite soutenir des conflits en Afrique en achetant du « blood gold » ou encourager les mauvaises pratiques d’extraction ! Un acheteur doit donc vérifier la filière et les éventuels labels et doit également utiliser l’or acheté de manière raisonnée pour limiter son empreinte carbone. VeraCash stocke l’or physique dans des coffres aux PFEG. Il est ensuite acheté et vendu de manière numérique et sécurisée sur la plateforme, sans envoi à domicile, évitant ainsi de nouveaux transports. Une autre façon de s’engager en faveur d’un or vert, plus durable et plus responsable.